
Le MVRH est un organisme sans but lucratif au service de la gestion et de l’interprétation du patrimoine culturel haïtien. Il a été fondé en juillet 2022 par des spécialistes du patrimoine résidant en Haïti, au Canada, en Europe et aux États-Unis.
En tant que musée, le MVRH est une institution pérenne qui sert la communauté. Il se consacre à la recherche, à la collecte, à la préservation, à l’interprétation et à l’exposition du patrimoine tangible et intangible lié à la Révolution haïtienne. Accessible à tous, il favorise la diversité et la durabilité.

Au cours des six dernières années, on a assisté à une destruction sans précédent du patrimoine culturel haïtien. Des gangs armés ont pillé et incendié des bâtiments historiques, des bibliothèques, des églises, des temples vodous ainsi que plusieurs centres de création artistique dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. À un rythme accéléré, ces destructions privent la société de rares symboles qui ont contribué à l’édification fragile des fondements du minimum d’inclusion et de cohésion sociale issus de la révolution haïtienne de 1804.
Nous pensons que deux facteurs principaux ont contribué à cette situation. D’une part, la dégradation des liens sociaux, l’impunité et l’instrumentalisation des gangs à des fins politiques ont érodé les valeurs sociales, historiques et spirituelles qui ont justifié les efforts de conservation du patrimoine culturel. De l’autre, on observe un déficit chronique dans la capacité des pouvoirs publics à mettre en place une politique de gestion et de protection du patrimoine culturel tenant compte des risques naturels et sociaux.

Grâce à l’appui financier conjoint de l’ALIPH (Alliance internationale pour la préservation des biens culturels) et de la Smithsonian Institution, le MVRH s’est associé au Centre de Conservation de biens culturels de l’Université Quisqueya (CCC-UniQ), afin de mettre sur pied une initiative-pilote. Depuis octobre 2024, une vingtaine d’artistes de la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment Noailles, Carrefour-Feuilles, Grand-Rue, Soissons et Bel-Air, se sont engagés dans ce projet. La plupart d’entre eux ont tout perdu.
Dans la mesure du possible, nous leur fournissons un moyen de transport et aidons au déménagement de leurs œuvres. Nous les formons dans la gestion des situations d’urgence affectant les oeuvres artistiques. Nous avons également aménagé un espace de stockage sécurisé pour accueillir certaines de leurs œuvres. Dans certaines situations, nous leur fournissons des outils et du matériel pour la création.

Nous sommes ravis de constater que certains artistes s’engagent dans l’éducation artistique des jeunes de leur quartier en les accueillant dans leurs ateliers. C’est le cas de l’atelier FAMARTCAF (Famille des artistes du Carrefour-Feuilles) dirigé par Lionel Saint-Éloi, ainsi que des artistes de Grand-Rue. Nous soutenons également la relance de ces ateliers d’initiation.
Grâce à cette initiative-pilote, nous avons mieux compris comment préserver le patrimoine culturel en collaborant avec les artistes qui le créent, dans des contextes de violence et d’insécurité.
Ce projet-pilote a également donné lieu à la création d’un système d’information géoréférencé pour la protection, l’interprétation et la mise en valeur du patrimoine culturel haïtien. Cette ressource sera disponible en ligne. En ce sens, le ministère de la Culture et des Communications a conclu une entente avec le MVRH.
Le MVRH se compose de membres fondateurs, de membres du Conseil d’administration, de membres d’honneur et de membres associés (chercheurs, artistes, sociétés de recherche, autres). Il est dirigé par un Conseil d’administration composé de cinq personnes.
MVRH s’appuie sur un réseau de partenaires locaux et internationaux - institutions culturelles, universités, organismes de préservation, artistes et bailleurs de fonds - pour protéger, documenter et transmettre la richesse du patrimoine haïtien.